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Interviews
 

Sophie Thouvenin
http://prismes.free.fr
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Dernière mise à jour de son site:
http://prismes.free.fr/polaroid/polaroid.htm

Matériel: Nikon F70 (fuji superia 200), Nikon D70. Objectifs 105mm et 50mm nikkor. Polaroid sx70 (film : time zero).
Configuration: PC & Mac - Photoshop - Dreamweaver.

 
Sophie Thouvenin
http://www.prismes.com

"A l'époque, je ne savais même pas que la photographie dite "macro" existait et que je pouvais, grâce à un objectif m'approcher autant des choses. La première fois que j'ai vu avec cet oeil, j'ai eu le sentiment que j'arrivais enfin chez moi".
 

1. Qu’est-ce qui vous a donné envie de commencer la macrophotographie ? Qu’est ce qui conduit une photographe à rendre compte de l’infiniment petit ?
Lorsque j'ai commencé la photographie, j'aimais particulièrement traiter de l'architecture. Mais déjà, j'aimais prélever les détails de ce que je voyais avec un télé-objectif (fers forgés, angles d'encadrements de portes, morceaux de volets etc ..) pour faire des images graphiques et colorées. Mais je sentais que j'avais envie de voir les choses de plus en plus près. C'est en 1998 que j'ai eu mon objectif macro. A l'époque, je ne savais même pas que la photographie dite "macro" existait et que je pouvais, grâce à un objectif m'approcher autant des choses. La première fois que j'ai vu avec cet oeil, j'ai eu le sentiment que j'arrivais enfin "chez moi". La première pellicule fut la bonne puisque des images de cette "découverte" sont encore sur mon site.. Il s'agissait, entre autres, d'une goutte d'eau pendue à une branche de sapin (à voir sur http://prismes.free.fr/balade1.htm). Toute la magie de ce que je voyais étant petite se retrouvait là, derrière l'appareil, lorsqu'il était équipé de l'objectif macro. Tous ces rêves, et ces heures de contemplation enfantine me sont revenues, comme un boomrang. C'était le bonheur. J'ai gardé les mêmes sensations depuis lors : l'émerveillement permanent. Rendre compte de l'infiniment petit, c'est espérer partager ce plaisir, de dire que le beau ou le digne d'intérêt se trouve tout autour de nous, tout le temps. Il suffit de prendre le temps, et de s'accorder un peu de poésie, de bien vouloir s'échapper d'une réalité que l'on croit connaître par cœur.

2. Par la recherche de formes et couleurs purement esthétiques, votre travail photographique se rapproche-t-il plus de la macrophotographie ou de l’abstraction ? Comment pourriez-vous définir votre style ?
En créant mon site en juillet 2000, j'ai réalisé que j'étais presque toute seule à faire de l'abstraction avec la nature et les objets en général. La macro-photographie se résumait à une suite d'images plutôt descriptives, très jolies, mais "juste" des photos de fleurs ou de nature, avec parfois les noms latins en légende. Je ne me retrouvais pas dans cette conception car mon but n'a jamais été de constituer un herbier mais de rêver à partir de cet herbier, et de prendre mes distances avec une certaine forme de réalité. Je ne sais pas si je suis la mieux placée pour définir mon style, je dirais simplement qu'il s'agit de "douceurs construites".

3. De quelle manière votre style a-t-il évolué ? Qu’est ce qui vous a inspiré hier, et vous inspire aujourd’hui ?
Ce qui m'inspire au début comme maintenant, c'est encore et toujours l'enfance. Ou une nostalgie de celle-ci. Nous ne sommes pas programmés pour passer des heures devant un bouquet de fleurs ... et c'est vrai qu'à priori, il y a plus constructif à faire, dans la vie ! Mais je n'ai pas encore trouvé quoi !

4. Quels sont les artistes, les styles, les courants artistiques, les œuvres qui vous ont inspirés ? Des sources d’inspiration dans vos lectures (poètes, écrivains), etc. ?
Les artistes : des amis photographes, qui ne font pas forcément de la macro ou pas que cela, comme Kéa Nop (http://kea-etc.net) dont je me sent proche, en particulier à propos de la nostalgie et de la beauté simple de la vie, en général. Ou bien, dans un registre plus classique, Emile Galée, Majorelle, L'Ecole de Nancy et tous les autres acteurs de l'Art Nouveau. La peinture du XIXème siècle, également (Les Symbolistes et Pré-Raphaëlites) ainsi que le cinéma, en particulier les films d'anticipation ("Blade Runner", de Ridley Scott), ou plus récemment des films comme "Le Secret des Poignards Volants" de Zhang Yimou. Je suis également très sensible à l'univers de Jean-Pierre Jeunet.

5. Quels sont vos thèmes de prédilection ?
Les fleurs et autres végétaux, l'eau, le verre, certains textiles, les plumes, les yeux, les poupées et autres jouets.

6. Comment passe-t-on de la macro dite « nature » à la macro « objet » ? Est-ce la mêmes démarche, approche ? Une envie de nouvelles teintes et textures que l’on ne trouve pas au naturel ?
Pas vraiment .. qu'il s'agisse de nature ou de nature morte, c'est le même sentiment .. l'impression de plonger dans la matière, qu'elle soit naturelle ou "artificielle" est la même.

7. L’envie un jour de passer à l’infiniment grand, une certaine nature vue du ciel ?
Certains le font déjà très bien, je suis sûre que vous voyez de qui je veux parler ! En réalité, je ne sais pas .. je suis tentée par bien des thèmes, je n'ai pas de freins sur l'un ou l'autre, à priori.

8. Êtes-vous à la recherche de certaines combinaisons de couleurs, textures, lignes et courbes, ombres et lumières de manière récurrente ?
Certainement ! Mais j'aurai du mal à cerner tout cela, je manque sûrement de recul pour en parler de façon aussi précise.

9. Quelle est la qualité essentielle d’un macro photographe ?
La gourmandise, le désir, la capacité à rêver à partir de (presque) rien. La patience, la sensibilité à la lumière (mais cela peut s'appliquer à tous les photographes !).

10. Quels sont les aspects importants d’une photographie réussie selon Sophie Thouvenin ?
Logiquement, qu'elle me fasse rêver, ou voyager dans l'univers personnel du photographe. J'aime qu'une image me surprenne, me touche, me ravisse l’œil doucement.

"Ce qui m'inspire au début comme maintenant, c'est encore et toujours l'enfance. Ou une nostalgie de celle-ci".

11. De quelle manière votre choix se porte-t-il sur l’utilisation du noir & blanc plutôt que sur la couleur pour certaines de vos compositions ? Cela se décide-t-il sur l’instant, ou l’aviez-vous planifié bien à l’avance ?
La plupart du temps, je le décide sur l'instant. A vrai dire, je ne planifie presque jamais rien. Je fais des photos de façon très spontanée. Je pense au noir et blanc lorsque j'ai envie de sobriété, de dénuement. C'est un peu comme un repos, un silence, donner à une image plus d'intimité. De la tristesse, parfois.

12. Quelles sont les principales étapes de création dans votre travail (de l’étude préparatoire : notes, croquis, etc., à la photographie finale) ?
Pas d'étapes. Si ce n'est l'approche du sujet, tourner autour, puis plonger. Une fois la photo faite et révélée sur l'ordinateur, je la travaille parfois pour lui rendre les qualités d'origine (contrastes, luminosité) et parfois, je balance les couleurs vers plus de froid ou plus de chaleur. Je recadre également, souvent en carré.

13. Pour la série « precious little things » vous avez fait le choix du diptyque et dans d’autres celui du triptyque ? Quel en ont été les motivations ?
Je fais des diptyques ou des triptyques pour faire des parallèles entre les images, pour construire une narration ou mettre en évidences des points communs ou des différences. Pourquoi plus l'un que l'autre, je ne sais pas trop.

14. Dans certaines séries de « Still Me » vous sortez des sentiers de la macro, pourriez-vous nous en parler un peu plus ?
J'ai d'abord abordé l'autoportrait, pour des raisons personnelles. Puis j'ai eu envie de passer à l'humain, mais à l'"autre", pour voir, par envie, toujours de façon spontanée. A force de voir de beaux portraits, j'ai eu envie de m'y essayer. J'ai du mal à en parler, car ce n'est pas encore bien clair dans mon esprit. Mais c'est une envie très forte que de continuer dans ce thème.

15. Comment perçoit-on vos créations de l’extérieur (si vous en avez eu écho) ?
Oui, depuis 5 ans que j'ai créé mon site, j'ai beaucoup d'échos et d'encouragements. A travers des interviews et des expositions en France ou à l'étranger, et les visiteurs de mon site qui, chaque jour, me font le cadeau de leurs impressions, ou me remercient simplement, ce qui me fait très plaisir ! Les spectateurs sont souvent étonnés, ou apaisés, détendus, ou curieux.. On me demande souvent ce que je photographie, et il est rare que je donne la réponse ... je ne voudrais pas casser les rêves qu'ils se fabriquent !

16. Avez-vous des envies, des rêves, des projets artistiques ? Pouvez-vous nous en parler ?
Des envies et des rêves, oui, chaque jour .. de toutes sortes, j'aurais du mal à vous en dresser la liste ! Des projets artistiques, oui, avec quelques modèles, et d'autres sujets en macro. Je travaille également à la réalisation d'un livre et à deux autres expositions. Je prépare aussi une série de photographies pour un magazine artistique qui devrait paraître bientôt, mais je ne peux en dire davantage.

17. Quelle est votre configuration ? Mac, Pc, les logiciels que vous utilisez ?
PC pour l'ordinateur de bureau, I book pour le portable. Les logiciels que j'utilise : photoshop pour le travail de mes photos, et dreamweaver pour la réalisation de mon site.

 
© 2006, 2006 tous droits réservés SOPHIE THOUVENIN

 
 
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