Vous êtes ici : Accueil : Mag : Interviews : Fabrice Backes
 
     
Interviews
 

Fabrice Backes
http://www.backsit.com

Configuration: PC - tablette graphique - Photoshop - Xpress - Illustrator.

Autres Liens:
http://henrikestahl.de
http://www.hekmag.com
http://www.joesorren.com
http://www.jeffsoto.com
http://www.markryden.com

 
Fabrice Backes
http://www.backsit.com

"Les histoires de mes personnages sont intimes, secrètes, mystérieuses... Même moi je n’en sais guère plus, mais je connais leur état d’esprit. Le mien."
 

1. Comment passe-t-on du métier de décorateur de spectacles à celui d’illustrateur ?
Par envie. J’avais envie de faire des choses plus personnelles. Et ma vision de l’évolution dans ce métier était un peu bouchée, autant pour des raisons professionnelles que personnelles.

2. Quel plus vous apportent votre passé dans le spectacle dans votre approche créatrice sur le papier ?
Je ne sais pas. Une approche peut- être plus artisanale, plus ouvrière, moins tendance, mais je pense que c’est dans ma nature dès le départ.

3. Comment pourriez-vous définir cette approche plus artisanale?
J’ai une certaine approche au niveau de la peinture, quelque chose qui pourrait se rapprocher de ce que l’on appelait les « peintres pompiers » du 19eme, ou les « peintres du dimanche ». C’est devenu un style à part entière. J’ai ce coté naïf, artisanal, j’aime travailler sur une peinture avec l’esprit de quelqu’un qui travaille sur une maquette de bateau ou d’avion, avec à la base quelque chose de moins académique.

4. N’est pas difficile de passer de grandes surfaces de création à des surfaces plus confidentielles ?
Non, en décoration je pondais les idées sur papier, j’étais amené à dessiner pour les projets. Mais c’est vrai que le métier n’appelle pas vraiment à la confidentialité, j’en avais peut être un manque.

5. D’où vous est venue l’idée de cette série de portraits « animal de compagnie » ?
Si vous voulez me parler des illustrations sur les photos d’Henrike Stahl, l’idée est venue d’elle. On trouvait ça marrant de faire ça. Henrike connaît mes peintures, et elle voulait retrouver tant par le modèle que par les poses l’esprit de mes peintures, en gardant évidemment sa touche artistique.

6. Entre-autre, mais je pensais surtout à la série «Friends I, II et III», «Fille et son chat», «Catwoman», «Pickup»,. D’ailleurs la collaboration avec Henrike Stahl y fait un peu écho?
Oui ça y fait écho. La série m’est venue comme ça en dessinant, le premier de la série « Pickup » m’a donné envie d’approfondir le sujet, avec au départ un portrait, puis accompagné d’un animal, réel ou imaginaire. Je trouvais qu’il y avait matière avec la complicité qu’il peut y avoir entre les deux personnages, des histoires d’amitié, d’amour un peu étranges, mais en fin de compte très proche de la réalité quand vous observez certains couples, leurs « difformités » ou leur incompatibilité apparente. Avec une vraie sincérité et une complicité malgré ça.

7. Comment s’est organisée cette collaboration? Vous avez eu le champs libre, un peu comme Titouan Lamazou qui collabora avec Raymond Depardon sur «Rêve de désert»? C’est à dire des peintures sur des photographies déjà existantes ?
Non, j’ai participé aux poses de la modèle en photo. Elle posait suivant des croquis que je faisais, et suivant certaines poses de mes peintures.

8. Pourriez-vous nous présenter en quelques mots Henrike Stahl, votre rencontre ?
Henrike est une photographe allemande et j’ai découvert son travail sur internet il y a quelques années. Un pote m’avait montré ses photos, et je me rappelle avoir fait des cauchemars après avoir vu un renard mort quasiment coupé en deux sur un de ses clichés…J’ai découvert plein de belles choses chez elle. Un esprit. Elle a le don de faire de belles choses avec des scènes parfois insignifiantes. Quand je la regarde avec son appareil en pleine nature par exemple, je me demande parfois ce qu’elle est en train de photographier, je me demande pourquoi. Puis c’est en voyant l’image que je comprends. C’est aussi une photographe de mode qui travaille un peu partout, surtout en Allemagne et à Paris. En y réfléchissant je pense que si j’étais photographe, je ferais à peu près les mêmes choses qu’elle je crois. On a pas mal de points communs.

9. Quelles histoires racontent vos personnages ? A quel public s’adressent-elles ?
Aux âmes sensibles certainement. J’espère.
Les histoires de mes personnages sont intimes, secrètes, mystérieuses... Même moi je n’en sais guère plus, mais je connais leur état d’esprit.

10. Cet état d'esprit, quel est-t-il ?
Le mien.

11. Vos portraits ne sont pas sans rappeler les portraits des « freaks » de Diane Arbus, photographe américaine qui initia un courant photographique. Une attitude grave, posture posée, un maintien raide, les personnages paressent lunatiques, gauches , en souffrances. Une raison dans ce choix de « mises en scène » ?
On m’avait fait découvrir les photos de Diane Arbus, je côtoie pas mal de photographes en fait, plus que des peintres ou des illustrateurs. Je peux retrouver dans ses personnages certains regards proches de mes portraits, certaines attitudes, j’aime sa façon qu’elle a de donner de l’importance et de la beauté à des personnages qui n’en ont socialement pas. La beauté est tellement suggestive. Mais je ne pense pas avoir son coté aussi cru envers la réalité.

12. Vos personnages, semblent moins encrés dans la réalité, plane une atmosphère "fantastique" , baigner dans une aventure plus "intérieure" ?
Oui peut-être, mais je ne me pose pas la question. Je ne suis pas fana de peinture ou d’illustrations de style « fantastique », mais j’aime avoir la liberté de transformer mes personnages. C’est ce qui leur donne une apparence fantastique ou surréaliste, mais je ne suis pas accroché à ces styles, juste à leur liberté de déformation.

13. Pouvez-vous nous décrire en parallèle, à la fois votre cursus scolaire et votre évolution graphique ? Ce qui vous a donné envie de faire ce métier.
Mon cursus scolaire a été plutôt catastrophique. Je dessinais pendant les cours des sortes de bandes dessinées, des caricatures de mes profs, des dessins débiles. Un prof de français avait aimé ça, il me rajoutait des points à chaque dessin que je faisais sur les copies rendues. D’autres ont beaucoup moins aimé ce trait de caractère, je me suis fait viré. Je n’ai pas de diplômes. Donc mon cursus scolaire a été plutôt court, mon évolution graphique et culturelle s’est surtout faite par la suite.

14. Comment pourriez-vous définir votre style ?
Je ne sais pas. C’est classique, surréaliste, naïf, humoristique parfois ?

15. Qu’est-ce qui vous inspire aujourd’hui ?
Mes inspirations tiennent à l’envie. J’ai envie de m’asseoir et je dessine... Les œuvres des illustrateurs ou des peintres que j’aime m’inspirent.

16. Quels sont vos illustrateurs préférés ? Pourriez vous nous en parler en quelques lignes ?
J’aime beaucoup et depuis longtemps Joe Sorren, je suis son évolution et c’est quelqu’un que je place en dehors de tout mouvement de mode. J’aime ses personnages, son coup de pinceau, sa façon de rendre intelligente ses œuvres sans les intellectualiser.
Là je pense à Carlos Nine, J’ai rouvert il y a quelques jours un livre de ses dessins « Gesta Dei » qui m’a donné envie de prendre un crayon. Les illustrateurs que j’aime me donnent envie de prendre un crayon, de faire de la couleur… J’ai acheté dernièrement le livre « Princesses oubliées ou inconnues » illustré par Rebecca Dautremer, je trouve son boulot admirable. J’aime aussi le travail de Tim Tomkinson, Esao Andrews, Mark Ryden, Jonathan Viner, Peter Mitchell, Jeff Soto… Ce sont des gens qui m’inspirent.

On m’avait fait découvrir les photos de Diane Arbus, [...]. Je peux retrouver dans ses personnages certains regards proches de mes portraits, certaines attitudes, [...]Mais je ne pense pas avoir son coté aussi cru envers la réalité.

 

17. Quels sont vos médiums ?
Je peins sur bois, sur toile, sur papier, à l’acrylique, à l’huile, aux pastels..... Et puis du numérique.

18. Quelle est la part de travail numérique dans vos réalisations ?
Je m’en sers de temps en temps pour coloriser. Je dessine uniquement au crayon.

19. Quelles sont les principales étapes de création dans votre travail (de la recherche documentaire au support final) ?
Je dessine très peu de croquis, 2 ou 3 maximum, que j’améliore selon mon envie. Parfois je me dis que le dessin suffit à lui-même, si je n’ai pas envie de couleurs j’arrête là. Tout dépend en fait si je travaille pour une commande ou pour moi-même. Je ne peux pas rendre un dessin si on attend de moi un truc en couleurs. Je fais des recherches documentaires pour des détails de drapés, de postures, de muscles ou d’ombres, mais ce n’est pas toujours le cas.

20. Avez-vous des envies, des rêves, des projets artistiques ? Pouvez-vous nous en parler ?
Avec Henrike Stahl nous travaillons à une nouvelle série d’illustrations sur photos qui devrait se terminer fin janvier. Ca doit sortir dans un magazine allemand (Hekmag).
Et puis mes envies c’est de créer, d’évoluer, d’apprendre, de m’amuser…

21. Les livres, la musique, le cinéma, complète la culture de l’artiste, et concoure à donner une certaine couleur à son œuvre. Pourriez-vous nous dire quels sont vos films, réalisateurs préférés ? Quels sont vos livres préférés ? Quelle musique écoutez-vous ?
J’écoute et je fais de la musique punk rock garage. Je joue dans des groupes depuis longtemps, en ce moment dans un groupe qui s’appelle OhmFacom. J’écoute des groupes comme les Oblivians, Reigning Sound, les Dirtbombs, les vieux Cramps, les Deadboys, Buzzcocks, Teengenerate, les Clash, j’aime aussi Turbonegro, Tom Waits, Nick Cave, Johnny Cash depuis peu…Plein de trucs underground en fait.

En littérature j’aime beaucoup Fred Vargas, Arto Paasilinna un écrivain finlandais, John Fante , j’ai eu une période écrivains russes également quand j’étais plus jeune. « L’idiot » de Dostoïevski m’avais beaucoup marqué. Je lis avec plaisir Harry Potter également. En ce moment je découvre Tonino Benacquista. Et de la bande dessinées également, j’aime beaucoup Larcenet.
Question ciné : Fargo des frères Cohen, la nuit du chasseur de Charles Laughton, des western, le cinéma des années 40-50 américain ou français, des films de Wim Wenders pour l’image et sa poésie, l’univers de Tim Burton me plaît beaucoup aussi, « Bad Lieutenant » un film terrible de Ferrara que j’ai revu il ya quelques jours, puis pas mal de films du « dimanche » à regarder en mangeant des crêpes.

22. Quelle est votre configuration ? Mac, Pc, les logiciels que vous utilisez ?
J’ai un PC, une tablette graphique et j’utilise Photoshop. Pour d’autres besoins, Quark Xpress et Illustrator.

 
© 2006, 2006 tous droits réservés FABRICE BACKES

 
 
Recherchez sur le web:
 

All: Photo: Video: Illustration:
Recherche Avancée
(More search options)
Boite à outils:
               
 
Site optimisé à partir de Internet Explorer 5 , Netscape 6 et Firefox 1.0 à partir d'une résolution de 800x600, avec le plug'ing Flash. Toutes ces marques sont des marques déposées par leur ayant droit : Microsoft pour Internet Explorer, AOL pour Netscape, et Macromedia pour Flash . Tous droits réservés © copyright 1999-2005 boncap.